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Les échanges du quotidien – Le commerce alimentaire en Bretagne au XVIIIe siècle

Les échanges du quotidien Le commerce alimentaire en Bretagne au XVIIIe siècle
PUR , 2024, 341 pages , dont 36 d’annexes: sources et bibliographie, index des lieux, 9 tableaux et graphique, 20 cartes.
par Sklaerenn Scuiller, docteur en histoire moderne à l’université Rennes 2, membre associée à l’unité de recherche Tempora.
En sept chapitres, l’ouvrage détaille les modalités du commerce alimentaire en Bretagne au XVIIIe siècle, circuits commerciaux de gros et de détail, pratiques des acteurs.
Le commerce courant se pratique avant tout sur les foires et les marchés, auxquels s’ajoutent les boutiques en milieu urbain. Ses pratiques et ses réseaux sont sans grand rapport avec ceux du commerce des grands ports, notamment ceux des grains, du vin ou des produits ultramarins.
Les transports maritimes et fluviaux sont les moyens de choix pour l’acheminement des pondéreux à coûts avantageux, mais non sans risque par voie de mer. Le transport terrestre, lent et coûteux, utilise les services de voituriers occasionnels pour les échanges locaux tandis que les grandes distances sont couvertes par des entreprises professionnelles de roulage. Dans les commerces de gros, les conditionnements, essentiels à la préservation des denrées, sont confiés à des professionnels de l’emballage.
La pratique des transactions mêle tradition et professionnalisation croissante. L’oral reste dominant, les marchandages en face-à-face sont la pratique courante et nombre de transactions s’effectuent en présence d’un témoin, mais la garantie des échanges fait aussi appel à l’écrit. De même les moyens de paiement sont majoritairement le numéraire dans les campagnes, alors que les lettres de change ou billets à ordre sont utilisés pour les échanges en gros ou à distance. Le crédit est un rouage à part entière de l’économie sous l’Ancien Régime. L’importance des auberges, tant comme lieu de négociation que de transit des marchandises est soulignée.
La fraude, fait de marchands établis ou reflet de la pauvreté, est omniprésente. Enfin les faillites nous éclairent sur le poids du crédit dans l’économie et la place de la justice dans le règlement des litiges.
Ce très intéressant ouvrage, par l’exploitation de ses nombreuses sources, nous fait toucher le concret et le quotidien du commerce alimentaire en Bretagne au XVIIIe siècle, sous ses différents aspects (négociation, logistique, financement, juridique) et dans ses divers réseaux, commerce de gros et petits marchands.
Didier Goupil