Benjamin Dubois de Montmarin, fabuleux négociant (après l’Assemblée Générale)

Quand :
21 septembre 2020 @ 14:30 – 17:30
2020-09-21T14:30:00+02:00
2020-09-21T17:30:00+02:00
Où :
Espace Bouvet, salle Surcouf
Place Bouvet
St Servan

par M. René COLAS

[chassemaree.com coll. part.]
Né en 1749 à Saint-Servan, Benjamin Dubois est le fils du négociant et armateur Claude Dubois dit le jeune. Il fait fortune en armant huit corsaires pendant la guerre d’Amérique. Jaugeant 466 tonneaux, son Bougainville est par sa taille le deuxième navire de la flotte malouine des années 1778-1782. Achetant en 1783 le domaine du Montmarin bordant la rive gauche de la Rance, en Pleurtuit, il en fait en quelques années un port privé et un chantier de construction navale organisé comme un arsenal. Il y arme avec succès à la pêche à Terre-Neuve, au cabotage, et au commerce avec les Mascareignes, et y construit plusieurs bâtiments pour la Marine royale. En 1788, soignant ses relations à la Cour, il est l’un des deux derniers négociants anoblis avant la chute de l’Ancien Régime. En 1789, il obtient la concession de la ligne française de paquebots à voiles pour l’Amérique. Lorsque les désordres de la Révolution entravent le commerce maritime, il lui devient cependant difficile de rembourser les dettes contractées pour construire son chantier et embellir sa demeure. En 1792, habile négociant, il réussit alors à vendre ses installations à l’Etat pour en faire un « port national ». L’année suivante, que ce ne soit comme il l’affirme sur dénonciation malveillante, ou plus probablement pour cause d’insuffisance de zèle républicain ou de richesses excessive, il est arrêté et emmené dans les geôles parisiennes. Libéré le 9 fructidor an II, un mois après la chute de Robespierre, c’est un homme affaibli par huit mois de détention qui revient au Montmarin. Après avoir constaté que l’Etat renonçait finalement à l’achat de son port, et essuyé des déboires avec ses derniers armements corsaires, il y décède en 1799, à l’âge de 49 ans. Sachant se mettre en valeur tout en flattant ses interlocuteurs, Benjamin Dubois a inspiré à ses contemporains quelques textes qui le dépeignent sous un jour fabuleux. Madame de Genlis le présente ainsi dans ses mémoires comme un « homme singulier » dont le port privé est « en petit exactement semblable à celui de Brest » et le domaine du Montmarin « une espèce de république fondée et gouvernée par lui » ; Pierre Forfait lui consacre un article de l’Encyclopédie Méthodique Marine, et la rédaction de ses lettres de noblesses est particulièrement flatteuse. Même si la recherche de la vérité historique le dépouille de quelques embellissements excessifs, il reste un personnage exceptionnel dont l’étonnante carrière mérite d’être contée.

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