La « Festung » St-Malo et la fortification allemande du littoral

Quand :
18 septembre 2017 @ 14:30 – 17:00
2017-09-18T14:30:00+02:00
2017-09-18T17:00:00+02:00
Où :
amphi IUT
1 Rue de la Croix Desilles
35400 Saint-Malo
France

par M. Renaud BLAISE

La Festung St-Malo

On a peine à imaginer aujourd’hui l’importance et le nombre des défenses construites par l’organisation « Todt » pour protéger la ville et ses environs d’éventuelles attaques des alliés.

En 1942, la ville de Saint-Malo est décrétée « Festung » , Forteresse, par décision du Führer. De ce fait une formidable campagne de construction d’ouvrages défensifs va débuter qui couvrira le pays malouin de quelque 550 bunkers construits en un temps record par l’Organisation Todt. De la Pointe de la Varde à Saint Briac jusqu’à Pleurtuit, pas moins de 140 Stützpunkte (points fortifiés) furent équipés de batteries de tous calibres destinées à protéger le port contre une attaque alliée. De nos jours, la grande majorité des ouvrages ont disparu, soit démantelés dès la fin des hostilités, soit détruits ou enfouis au fil du temps. Sait-on que les remparts de Saint Malo étaient dotés de canons antiaériens, que le bastion de la Hollande, le bastion Saint-Philippe étaient pourvus de bunkers? Que des canons DCA se tenaient en batterie sur les tours du Château? Sait-on que le rivage du Sillon comptait de multiples casemates dont certaines équipées de tourelles de chars? Sait-on que le Grand-Bé était couronné de 4 monstrueux bunkers abritant 4 énormes batteries? Sait-on que de Rocabey aux quais du port on comptait de nombreux abris bétonnés pouvant accueillir jusqu’à 200 personnes? Sait-on que plus de 20 bunkers assuraient la défense des écluses et du fort du Naye? Sait-on que les 14 hectares de Cézembre comptaient quelque 35 ouvrages? Que parmi les 350 défenseurs de l’île se trouvaient des Russes et Polonais enrôlés dans la Wehrmacht, ainsi que des soldats italiens qui combattaient sous leur propre uniforme? Sait-on que les plus de 20 000 obus de tous calibres largués sur Cézembre en firent le théatre d’opérations en Europe le plus bombardé au m²? Que 2000 cratères furent dénombrés à la fin des hostilités? Sait-on que sur Aleth et Cézembre furent utilisées par les Américains les premières bombes au napalm? Tous ces éléments seront développés dans une présentation qui aura pour but de faire découvrir cette face cachée du Mur de l’Atlantique à Saint-Malo, de faire revivre cette portion d’histoire partiellement ignorée du grand-public loin d’imaginer l’ampleur de ces constructions aujourd’hui en partie disparues.
La Festung St-Malo
 
Résumé de la CONFÉRENCE MENSUELLE du 18 Septembre 2017 Mr Renaud BLAISE était invité à évoquer la seconde guerre mondiale en présentant ses recherches sur La « Festung » St-Malo et la fortification allemande du littoral. C’est en 1942 que débuta la construction du Mur de l’Atlantique. Saint-Malo, qui venait d’être décrété Festung (Forteresse) par le Haut Commandement allemand rejoignait la liste des villes stratégiques au sort peu envieux de devoir être défendu jusqu’à la dernière cartouche. La Bretagne dépendait de la 7ème armée commandée par le Gal Dollmann dont le PC se trouvait dans un bunker au centre du Mans. La Côte d’Émeraude relevait de la Zone de Défense Côtière, son nom de code était Ra pour Rance. D’ailleurs, ce code Ra sera inscrit à l’entrée de chaque ouvrage assorti d’un n° d’identification. L’Organisation Todt réalisa sur notre côte l’une des plus importantes concentrations de bunkers de tout le Mur de l’Atlantique, puisque pas moins de 550 ouvrages vont être construits dans un secteur compris entre la baie du Mont St Michel et le pont de Lancieux, puis Châteauneuf d’Ille-&-Vilaine au sud. C’est l’importance stratégique du port qui assurait avec Granville les liaisons avec les Îles Anglo-Normandes, alors occupées, qui fut à l’origine de cette décision. La Festung proprement dite couvrait un territoire compris entre la Pointe de la Varde à l’est, St-Briac à l’ouest et Pleurtuit au sud. L’exposé s’est volontairement limité au secteur de Paramé, le Port, les Remparts, puis St-Servan, la Cité et enfin Cézembre. Cet environnement étant campé, l’orateur a présenté avec rigueur et méthode les différents types d’ouvrages proposés par les ingénieurs et architectes de l’Organisation Todt dans un catalogue renfermant tous les types de bunkers adaptables selon les besoins. Une remarquable maîtrise de l’infographie permettait au conférencier de présenter le modèle catalogue, son implantation, parfois les plans et l’évolution de la construction et l’état du site actuel. L’ensemble, on l’aura compris, était richement documenté par une iconographie de qualité et souvent inédite, de plans de chez Todt, de carte d’implantation, de clichés récents. L’orateur passionné par son sujet a constamment le souci de transmettre avec les mots justes l’information qu’il donne, germanophone il prend soin de traduire chaque document en langue allemande. Sentant l’auditoire captivé j’ai volontairement laissé courir le temps et nous avons exceptionnellement débordé la séance de 30’. Compte tenu de l’intérêt suscité par ce sujet j’ai, d’ores et déjà, invité Renaud Blaise à donner une seconde conférence, en septembre 2018, concernant cette fois l’autre secteur de cette « Festung » St-Malo, celui de Dinard, St-Briac et Pleurtuit… Ass.Synthèse rédigée par J-L Blaise et lue le 16 octobre 2017

One comment on “La « Festung » St-Malo et la fortification allemande du littoral”

  1. SHAASM dit :

    La conférence du 18 septembre présentée par M. Renaud BLAISE a rencontré un succès unanimement reconnu pour sa clarté, sa précision, son exhaustivité et ses étourdissantes qualité et abondance de l’iconographie permettant de restituer des lieux très familiers à la plupart des participants dans la situation ahurissante où le déploiement défensif du troisième Reich les avait plongés.

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