Le 47e R.I. dans la grande guerre

Quand :
20 janvier 2014 @ 14:00 – 17:00
2014-01-20T14:00:00+01:00
2014-01-20T17:00:00+01:00

par M. Erwan Le Gall

« Mobiliser le 47e régiment d’infanterie »: 2-7 août 1914 Capitales en ce qu’elles marquent sans doute la véritable entrée de Saint-Malo dans le XXe siècle, les premières heures d’août 1914 nous sont connues par une multitude de sources éparses : presse locale, rapports administratifs, correspondances et témoignages divers… Pour autant, il apparait qu’à l’aube du centenaire de la Première Guerre mondiale, les quelques jours qui, au sein du 47e régiment d’infanterie, l’unité qui précisément caserne à Saint-Malo, séparent l’annonce de la mobilisation générale du départ pour le front demeurent encore grandement méconnus. Pour preuve, l’historique officiel de l’unité publié en 1920 les passe complètement sous silence : « Mobilisé à Saint-Malo, le 47e quitte le 7 août 1914 sa garnison sous le commandement du lieutenant-colonel Poncet des Nouailles ». Deux pistes peuvent être avancées pour expliquer cet état de fait. La première réside dans le régime d’historicité de cette période, bien souvent jugé insuffisant par les protagonistes. En d’autres termes, c’est parce que ces quelques jours sont rarement considérés comme étant dignes d’être conservés « pour mémoire » qu’ils ne figurent qu’exceptionnellement sur les carnets griffonnés par les combattants. Celui de Marcel Brégé, brancardier du 47e RI, mentionne bien la « mobilisation générale accueillie au milieu d’un grand enthousiasme », mais cette phrase n’est en réalité qu’une introduction servant à amorcer le récit de la campagne par son auteur, celui-ci débutant véritablement avec le « départ de Saint-Malo ». La seconde est, plus prosaïque, que ces quelques jours de mobilisation générale sont une telle accélération du temps, un tel enchaînement d’opérations à mener successivement, qu’ils ne laissent au final que trop peu de temps aux acteurs pour coucher sur le papier leurs impressions du moment. Or si cette période apparait comme cruciale à l’échelle d’une unité telle que le 47e régiment d’infanterie, c’est que la mobilisation générale est un processus complexe qui, en définitive, permet de bien cerner la réalité de l’Armée française au moment de la déclaration de guerre.