La construction navale malouine d’antan, des origines à 1815

Quand :
21 janvier 2013 @ 14:00 – 17:00
2013-01-21T14:00:00+01:00
2013-01-21T17:00:00+01:00

par René Colas

Dès la fin du Moyen Age, la présence de chantiers navals locaux accompagne nécessairement le développement du port de Saint-Malo. Ils ont cependant laissé peu de traces et seules quelques sources indirectes permettent aujourd’hui d’évoquer leur existence. Au début du XVIIe siècle, comme les autres ports marchands et comme le Roi lui-même, Saint-Malo achète la majorité de ses navires à l’étranger, notamment en Hollande et en Angleterre. Puis, sous l’impulsion de Colbert et alors que leur port devient le premier du royaume, quelques décennies suffisent aux négociants malouins pour s’entourer des compétences et développer les chantiers nécessaires à la construction de l’essentiel de leur flotte. Au tournant du siècle, les archives de l’Amirauté nous livrent ainsi les noms de plusieurs architectes de vaisseaux et maîtres constructeurs locaux. Il ne s’agit toutefois que d’informations ponctuelles, et il faut attendre la deuxième moitié du XVIIIe siècle pour disposer d’archives localisant précisément les chantiers et témoignant de la qualité et de la quantité de leurs réalisations. La construction navale malouine est alors devenue une industrie à part entière. Ainsi, à la veille de la Révolution, alors que dépassé par Le Havre, Nantes, Bordeaux et Marseille, le port de Saint-Malo n’est plus que le cinquième en matière d’armement, son Amirauté est restée la troisième région de construction navale française. À cette époque, les registres de l’Amirauté, les correspondances des Commissaires de la Marine et les matricules de l’Inscription maritime permettent de dresser l’inventaire des chantiers du pays malouin, alors actifs sur le Sillon, à Solidor, le Montmarin, Saint-Briac et même parfois Cancale. Au pied des remparts, la cohabitation entre les chantiers, les activités portuaires et la circulation terrestre engendre parfois des conflits de voisinage dont témoignent quelques documents conservés aux archives municipales. Tempérant la rigueur des sources administratives habituelles, le coté anecdotique de certains documents redonne vie aux chantiers disparus, tandis qu’un diaporama présentant des fac-similés de sources authentiques, des cartes dédiées et des illustrations d’époque contribue à soutenir l’attention des auditeurs. .