Une aventure humaine autour d’une assiette de la Compagnie des Indes (après l’Assemblée Générale annuelle)

Quand :
22 juillet 2013 @ 14:00 – 17:00
2013-07-22T14:00:00+02:00
2013-07-22T17:00:00+02:00

par le Dr Gilles Foucqueron

De nos jours, certains murs s’ornent d’assiettes aux motifs floraux, aux décors variés, beaucoup de type asiatique, moins souvent d’allure européenne. Leurs bleus, leurs blancs, leurs polychromies plus chatoyantes, leurs variations autour du vert ou du rose, attirent nos regards. Il y a 150 ans, et pour certaines, il a plus de trois cents ans, ces assiettes relevaient d’une mode et d’un besoin d’évasion. Aujourd’hui, nous y voyons le témoignage d’un passé glorieux, et pourtant, nous en oublions l’essentiel : celui d’une aventure humaine. Fragile dès sa naissance, cet objet nous renvoie, tel un miroir, tous les efforts considérables d’un peuple ouvrier, qu’il soit européen ou chinois.Au départ de Saint-Malo, des matelots, des officiers disent adieu à leur famille. Douze jours les séparent de leur lieu d’embarquement. Ils embrassent leur dernier-né. Il sera plus âgé de deux ans, quand une nouvelle fois, leur baisers caresseront leurs tendres joues, s’ils ont eu la chance l’un et l’autre de survivre aux difficultés du temps. Leurs épouses, leurs aînés, pourront alors écouter le récit des aléas et des drames qui ont émaillé leur voyage, prix à payer pour ne conserver que le souvenir de leur destination lointaine. La proue de leur navire n’a t-elle brisé les vagues de trois océans ? Quelque pacotille leur rappellera qu’ils n’ont pas rêvé, le temps d’un bref repos avant l’inconnu d’un nouveau périple.Aux antipodes, ignorant de ce monde étranger et barbare aux yeux de leur Empereur, tout un peuple besogneux s’est déjà mis au travail pour que ces assiettes prennent forme entre leurs mains industrieuses.